Former à la coopération et se former par la coopération

L'OCCE 43 a été sollicité par plusieurs circonscriptions pour participer à des temps de formation : coopérer en mathématiques, faire équipe, développer les compétences psycho-sociales, Ecole dehors, EDD via Porté disparu. 

Pour l’OCCE, la coopération est à la fois :

- un but : faire coopérer les élèves pour qu’ils se connaissent mieux, se respectent, construisent leur citoyenneté

- un moyen : pour mieux apprendre les compétences disciplinaires par le biais d’échanges de connaissances, de valorisation des compétences et de construction de la pensée par les conflits sociocognitifs

Dans les formations auxquelles il participe, on retrouve ces deux objectifs, même si l'accent est porté plutôt sur l'un ou plutôt sur l'autre. 

Voici deux exemples :

Porté disparu - formation de 1h30 dans le cadre du stage Parcours - volet EDD

Ici, l'objectif principal était de présenter aux enseignants un outil cycle 3 permettant de travailler l'Education au développement durable. Porté disparu est une enquête qui initie les élèves aux 5 causes de déclin de la biodiversité d'une espèce métropolitaine (d'après le classement international de l'IPBES). Il existe actuellement cinq enquêtes et chacune permet de connaitre le milieu de vie de l'espèce et de comprendre l'écosystème dans lequel elle évolue et les menaces qui pèsent sur celui-ci. Nul doute que les élèves travaillent donc des compétences de sciences mais aussi, comme ceux qui ont testé des enquêtes ont pu le constater, des compétences en lecture et compréhension de l'écrit. Et, comme le travail d'enquête est long et complexe, il est proposé de l'aborder sous forme de dispositifs qui favorisent la coopération. Pour les enseignants qui ont testé les enquêtes, il est vite apparu évident que l'interprétation des cartes indices notamment nécessite des échanges dans le groupe (apport de connaissance, compréhension du texte, rappel de l'attendu, rédaction de la phrase de synthèse). Porté disparu est donc un moyen de travailler la coopération et la coopération y apparait comme un moyen d'atteindre l'objectif : résoudre l'enquête.

2 cartes-indices sur les 34 du dossier "agrion" qui ont été lues puis interprétées avant de rédiger la réponse en collectif

Crimeboard final élaboré par l'ensemble des participants pour une vision systémique 

Couvige mathématique - 2h30 dans le cadre de la formation Coopérer en maths

Ici, l'objectif principal était de faire coopérer les enseignants pour ensuite leur faire percevoir quelles postures professionnelles ils devaient développer pour favoriser la coopération entre les élèves. Pour ce faire, l'animatrice pédagogique leur a proposé différents exercices mathématiques (lecture et élaboration de graphiques, calculs, mesure) suffisamment complexes et/ou longs pour nécessiter la participation de tous les membres du groupe et demandé à des observateurs de noter les gestes, comportements ou paroles qui favorisaient la coopération. La séance s'est appuyée sur les travaux de la chercheuse Céline Buchs qui invite les enseignants, selon le moment de l'activité, à préparer et mettre en place certains dispositifs. 

En amont de l'activité, l'enseignant réfléchit et prépare :

- la constitution des groupes : le nombre d’élèves par groupe, les modalités de formation des groupes (aléatoire, choisie par l’enseignant ou libre). Chacune de ses modalités présente des intérêts mais peut être plus ou moins adaptée selon les activités.

- la définition de la tâche de chaque groupe : est-ce la même tâche pour chaque groupe ? est-ce le même exercice ? Quelle consigne donner ?

- la structuration des responsabilités : selon les activités, l’âge des élèves, le nombre d’élèves par groupe, les responsabilités peuvent varier. On peut mettre en place une responsabilité autour de la consigne, le respect des personnes, le temps, la mise en forme du rendu

Pendant l'activité, l’enseignant circule et observe les élèves. Il peut, selon les besoins :

- rappeler l’interdépendance des membres : importance du rôle de chacun, nécessité que chacun participe pour y parvenir + apprentissage les uns des autres

- expliciter les habiletés coopératives : mettre en relief les phrases ou gestes qui facilitent la communication ou le sentiment d’appartenance, les pratiques comme la paraphrase, le résumé, la planification, etc...qui permettent de faire avancer le travail du groupe

Après l’activité, l’enseignant :

- organise une pause réflexive sur le fonctionnement du groupe : ce qui a été utile, inutile, ce qui peut être amélioré

- formalise les apprentissages : compétences travaillées (disciplinaires, habiletés sociales)

En fin de matinée, certains enseignants ont dit avoir apprécié ce travail de groupe parce qu'il leur a apporté des connaissances, leur a permis de mieux comprendre certaines notions ou démarches, leur a donné l'impression d'être considérés et pris en compte. Un temps de travail qui semble donc avoir fonctionné au regard des conditions émises par Céline Buchs pour qui "les interactions sont constructives si les relations sociales sont de qualité (les interactions doivent permettre à chacun de se sentir appartenir à un collectif et d’être persuadé que les autres se soucient de la manière dont il se sent) et si les apprentissages sont de qualité (les échanges doivent permettre à chacun de verbaliser, d’expliquer, de confronter son point de vue et qu'il y a donc une régulation entre pairs). La coopération a été ici au service des apprentissages et la situation et les modalités proposées ont induit de la coopération.