Le Moyen-Age et la Renaissance : au-delà des mythes

"On n'est plus au Moyen-Âge!" : cette expression en dit long sur l'image que nous avons de cette période de l'Histoire. Après une Antiquité mystifiée et avant une Renaissance qui l'est tout autant sinon plus, le Moyen-Âge serait une période sombre avec certes quelques châteaux et chevaliers mais des paysans exploités, des gens miséreux et sales et des femmes sous le joug des hommes.

Jean-François Vassal, co-gérant de la société ILC, passionné d'Histoire vivante*, a pris le temps de démonter un à un nos préjugés sur cette période qui dura près de 1000 ans. L'OCCE 43 a en effet organisé cette formation en partenariat avec lui dans le cadre de son action "Oyez et dansez" afin de permettre aux enseignants de parfaire leurs connaissances sur le Moyen-Âge et la Renaissance mais aussi de voir comment aborder cette période avec les élèves et notamment en faisant des liens avec la citoyenneté.

C'est ainsi que Jean-François Vassal nous a parlé longuement du droit des femmes au Moyen-Âge qui avaient, par exemple, le droit de divorcer pour certains motifs et d'exercer un métier au même titre que les hommes si elles avaient suivi un apprentissage. De même, contrairement aux idées reçues, parmi les 30 % de gens qui savaient lire et les 1% qui savaient écrire, la moitié était des femmes et nombreuses sont celles qui ont participé à la copie des manuscrits. 

L'hygiène a été un autre sujet important. Du matériel recréé comme à l'époque nous a été présenté. On a évoqué les bains publics, l'apparition de la culotte ou encore la mise en place des mesures sanitaires suite aux épidémies de peste (qui se rapprochent étrangement de celles liées au covid). 

Instruments pour l'hygiène corporelle : cure-dents, coton, savon, peigne à poux, pince à épiler, cure-oreille, pierre d'alun, ciseaux

Ont aussi été abordés par exemple les valeurs de la chevalerie, le rôle du château fort et du seigneur ou encore les vêtements en lien avec le milieu social.

Ce fut donc une matinée bien remplie dans un cadre qui permettait de s'immerger dans l'époque. Nous regrettons qu'il y ait eu aussi peu d'inscrits et tant de désistements, notamment au regard de la qualité de l'intervention et de l'investissement tant humain que financier de l'OCCE pour enrichir ses actions. 

L'histoire vivante donne à voir des réactivations du passé dans le présent, sous l'angle de pratiques corporelles et de re-créations matérielles. L'objectif visé par les pratiquants d'histoire vivante est de re-créer des temps historiques particuliers ou des événements du quotidien. Cette activité comprend la reconstitution historique (la mise en vie, en costumes, de savoir-faire), les Arts martiaux historiques européens (des expérimentations de gestes techniques martiaux) et diverses activités de re-créations telles les constructions de parcs archéologiques, les médiations culturelles historiques, etc." d'après Audrey Taurillon Demésy, docteure en sociologie, Maître de conférences à l'université de Franche-Comté