Voyager en poésie : explorer le réel sous toutes ses coutures
Un mercredi de février, dans une salle de l'école La Borie Darles de Brioude que le directeur a prêté aimablement pour l'occasion...
Deux rangées d'adultes dos à dos, un silence sage et des regards interrogateurs. "Si tu veux voir la vie du bon côté..." commence une enseignante..."Ferme un oeil " répond une autre en écho. Le ton de la journée de formation co-organisée par les OCCE 43 et 63 est donné. Chacun des vingt participants, originaires de Haute-Loire ou du Puy-de-Dôme, trouve son "binôme" et l'on entend résonner quelques petits étonnements du sage Tao Li Fu*. Les poèmes se succèdent, soufflés au creux de l'oreille, déclamés en marchant ou encore mis en scène. Les activités font qu'on se croise, qu'on échange, qu'on partage.


L'ambiance est détendue. Tout le monde ne se connait pas. Il y a des enseignants, des conseillers pédagogiques, une poète, une animatrice-lecture, un libraire, des animatrices pédagogiques. Certains se reconnaissent : ils étaient déjà venus l'an dernier et avaient envie de revivre cette "parenthèse poétique" et rencontrer deux nouveaux poètes.
Après avoir testé différents ateliers de lecture, les participants entrent dans la peau de l'écrivain-poète. Aujourd'hui, c'est Albane Gellé qui leur propose une façon d'écrire des poèmes. Sur le même principe qu'avec les élèves tout au long de la semaine, la poète leur propose de lire et choisir des poèmes, de piocher ça et là quelques mots, sans trop réfléchir, juste au feeling de l'instant et d'élargir leur liste avec des mots autour d'eux, des mots des autres, des couleurs, des sens, etc...Ensuite, c'est la phase d'écriture. On va assembler des mots, tricoter la langue, surprendre, toucher. Consigne du moment : écrire entre 5 et 7 vers et terminer le poème par "aujourd'hui". Tout cela en quelques minutes. Chacun a lu ce qu'il avait écrit, parfois hésitant quant à la qualité de ses écrits mais rassuré de voir que chacun a créé son propre univers et qu'il n'y a ni jugement ni comparaison. Finalement, l'écriture a été libérée et facile.
L'après-midi, c'est une autre poète, Amandine Marembert, qui fit l'honneur de sa présence. Professeure de français dans l'Allier, elle avait été invitée par l'OCCE à répondre à l'ambitieuse et vaste question "Pourquoi et comment fréquenter la poésie dès le plus jeune âge ?". Et c'est avec toute sa modestie et son approche sensible qu'elle a amené les participants à percevoir les réponses à travers quelques exemples. Elle insistait notamment sur l'intérêt de rebondir sur les "erreurs de langue" des enfants pour tendre vers la poésie : ces mots, ces choses qui s'assemblent, comme un téléscopage, et qui proposent une autre réalité. Faire se rencontrer les mots, leur ôter des consonnes ou des voyelles, utiliser les devinettes, les figures de style, etc...
Amandine Marembert aime particulièrement, en tant que poète, explorer les gestes du quotidien. Ces gestes que l'on répète, ces gestes transmis de génération en génération. Voici quelques extraits de trois de ces recueils publiés aux éditions Esperluète :
La présence de la librairie Grenouille tout au long de la journée a permis aux participants de découvrir les livres des deux poètes et de profiter de dédicaces.

Rachel GIRARDIN (animatrice OCCE 63), Gwenaël DUBOIS (animatrice OCCE 43), Sylvie CHOISNET (présidente OCCE 43), Albane GELLE et Amandine MAREMBERT
* "Le livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu" de Jean-Pierre SIMEON, Cheyne éditeur