Gérer une aire éducative avec un conseil de coop'

En juin dernier, lors d'une journée organisée par le Réseau d'Education à l'Environnement d'Auvergne (REEA), notre animatrice a été sollicitée par l'OFB (office français de la biodiversité) pour lancer des projets d'Aires Terrestres Educatives (ATE) car la Haute-Loire était l'un des seuls départements de France à ne pas en avoir.

Qu'est-ce qu'une aire éducative ? Quelques explications de l'OFB :

"Une aire éducative (AE) est une zone maritime littorale (AME) ou une zone terrestre ou aquatique (ATE) ou une zone à proximité d'un cours d'eau (AFE) de petite taille, plus ou moins anthropisée (parc urbain, plage, friche, zone humide, mangrove, forêt, rivière, etc.), gérée de manière participative par les élèves d'une ou plusieurs classe(s) de cycle 3 et cycle 4. Accompagnés par leur enseignant et un acteur de la sphère de l’éducation à l’environnement, le référent, les élèves étudient cette aire et décident de façon démocratique des actions à y mener pour préserver son patrimoine naturel et culturel. A travers ce projet, ils développent les compétences et les notions du programme scolaire et découvrent leur territoire et ses acteurs (la commune concernée, mais aussi d’associations d’usagers, de protection de l’environnement et autres acteurs du territoire)."

Quels sont les objectifs de cette démarche ?

" - Développer l’éco-citoyenneté des plus jeunes à travers une approche participative de gestion d’un bien commun.
- Reconnecter les élèves à la nature et favoriser la connaissance et la préservation des milieux et de la culture.
- Faire émerger des synergies territoriales entre usagers, communauté éducative et acteurs de la gestion et de la protection l’environnement.
Il s’agit donc d’une démarche citoyenne où les élèves deviennent acteurs de la gestion participative d’un bien commun.
La création d’une AE s’inscrit pleinement dans les dimensions pédagogiques et civiques de l’enseignement scolaire. Elle utilise en effet une démarche de projet qui permet d’aborder la transmission de connaissances et de compétences par la conjugaison de l’expérience et de la théorie."

Consulter le guide méthodologique sur les aires éducatives

Le conseil d'élèves pour gérer l'aire éducative

L'OCCE étant très investi dans le développement du dispositif Ecole dehors et dans le développement des conseils d'élèves à travers les projets de ses coopératives, il est apparu évident qu'il y avait toute sa place. En concertation avec M.Marais, conseiller pédagogique départemental chargé, notamment, de l'EDD, deux écoles sont actuellement accompagnées dans le lancement du dispositif : l'école Emma Roussel de Saugues et l'école du Petit Suc de Lapte. Dans chacune d'elles, deux classes sont engagées : celle des CE2-CM1 et celle des CM1-CM2. Réunions en visio pour expliciter la démarche, mise en relation avec une association d'éducation à l'environnement, aide au montage du dossier de création et de demande de subvention (en effet, chaque année, plusieurs dossiers sont sélectionnés pour recevoir une aide de l'OFB pour, principalement, rémunérer l'intervenant), etc...ont été proposées. L'animatrice OCCE a également aidé chacune des classes à mettre en place des conseils d'élèves, qui soit resteront généraux, soit seront uniquement liés à la gestion de l'aire terrestre éducative. Pour celles qui ne l'avaient jamais testé, un conseil d'élèves reste surprenant : l'enseignant est garant du cadre tout en délégant beaucoup de responsabilités à ceux qui ont des rôles pour l'occasion. Et même si le débat est réglé par un ordre du jour strict, une prise de parole très cadrée et un temps limité, la parole des élèves se libère et les échanges sont rapidement très construtifs. Les élèves ont également des idées et peuvent trouver des solutions que les adultes n'auraient pas imaginées. 

L'animatrice OCCE distribue les cartons en fonction des rôles de chacun décidé en conseil précédent : l'animateur (président), le maitre du temps, le distributeur de parole, le gardien du calme (dit "vigile" dans l'une des classes !), le secrétaire. 

Les deux écoles sont en attente de réponse concernant leur demande de subvention et le nombre des interventions du référent environnement dépendra en partie de l'octroi ou non de celle-ci mais elles sont déjà engagées et vont régulièrement sur le site choisi. Premier bilan dans quelques mois pour les premières ATE de Haute-Loire.

La zone choisie par l'école de Saugues : le bornage exact de l'ATE reste à définir et les deux classes ne choisiront peut-être pas exactement le même milieu à étudier (zone humide ? pinède ?)